université populaire

Mercredi 28 septembre | 20H30

Conférence - Débat

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Conférence-débat : Tactique électorale et luttes sociales

Dans les propos de Franck Gaudichaud, on retrouve l’essentiel de préoccupations énoncées depuis longtemps et qui ont pris une acuité particulière durant la longue séquence électorale qui vient de s’achever.
 

Dans l’introduction de l’interview, il est noté une progression simultanée « de l’extrême-droite fascisante et de la gauche menée par Jean-Luc Mélenchon » ; progression analysée comme le produit « d’un miroir déformant des multiples tensions (sociales, raciales, de genre, territoriales, écologiques, culturelles, etc.) et conflits de classes existant dans les profondeurs de la société française ». Ce jeu de miroirs était apparu brutalement lors de la révolte des Gilets Jaunes avec, pour contradiction ultime, l’incapacité des syndicats et d’une grande partie de la gauche, y compris radicale, d’en saisir réellement le sens.

Au-delà, la séquence électorale a mis en évidence deux éléments importants à débattre.

Le premier élément est que les batailles électorales ont supplanté depuis longtemps les batailles sociales. Ce constat, lié à celui qui suit, façonne en quelque sorte le processus électoral. Il porte au-devant de la scène l’organisation où le regroupement électoral, ici la NUPES, qui concentre le plus clairement les attentes du moment, mais en laissant sur le bord du chemin une multitude de gens insuffisamment convaincus. Ce phénomène peut se constater un peu partout.
Le deuxième élément est que le taux d’abstention traduit, sous une forme particulière, une forme d’abandon des combats collectifs ; on ne vote pas mais on ne fait pas grève non plus. De ce fait les batailles menées dans l’enceinte du parlement resteront, quel que soit l’ampleur des débats, des batailles perdues au vu de la configuration de la nouvelle assemblée.
Se pose en fait le problème de l’articulation entre les batailles politiques et les luttes sociales. Les luttes sont nombreuses sur le terrain social, sur la question des salaires, sur le terrain de l’écologie, sur la question du genre … mais elles sont éparpillées.
Cet éparpillement est, entre autres, la photographie d’un rapport de force miné par les défaites antérieures et par l’impossibilité de gagner, du moins le croit-on, aujourd’hui.
Comment passer de ces luttes, quelques fois victorieuses (et devenant par là-même symboliques comme dans l’hôtellerie par exemple) à des luttes dont le plus grand nombre s’emparerait ?
Telle est, nous semble-t-il, une des questions essentielles soulevées par la période.
La démarche de l’UPT est de faire en sorte que les débats aient lieu, entre le plus grand nombre et entre organisations ; bref entre tous ceux et celles qui n’ont pas (plus) pour habitude de se parler.
Cette conférence aura lieu la veille d’une journée de mobilisation et de grève interprofessionnelle. Une raison supplémentaire pour venir débattre !

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